Construire un PC sans Intel, AMD et NVIDIA
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Construire un PC sans Intel, AMD et NVIDIA

3 mai 2026Lecture 5 min

Un PC sans Intel, AMD et NVIDIA

L'Émergence d'un Paradigme Informatique Résilient et Alternatif

Depuis des décennies, l'industrie des semi-conducteurs et l'ingénierie des architectures PC tournent autour d'un seul triopole technologique fondamental. Intel et AMD contrôlent de fait les processeurs (CPU) basés sur les jeux d'instructions x86 et x86-64. NVIDIA et AMD dominent absolument les GPU hautes performances. Ces puces sont indispensables pour le rendu ludique tridimensionnel et les calculs d'intelligence artificielle. Résultat : un écosystème hautement standardisé, mais intrinsèquement fermé. Protocoles matériels, interfaces de programmation (API) et chaînes logistiques mondiales. Tout dépend des orientations stratégiques de ces trois entités.

Les tensions géopolitiques s'accroissent. Les restrictions à l'export des technologies de pointe, des nœuds lithographiques avancés et des accélérateurs de calcul se durcissent selon les zones. Une initiative d'indépendance matérielle répond à ce contexte. L'objectif est précis : concevoir des systèmes informatiques dits "souverains" ou "sanction-proof" (résistants aux sanctions), capables d'opérer de manière autonome. Les analystes matériels indépendants ont récemment documenté l'expérience. Ils ont assemblé et démarré un ordinateur personnel orienté vers le jeu vidéo (gaming PC). La contrainte était absolue : aucune fraction de silicium issue de la propriété intellectuelle d'Intel, d'AMD ou de NVIDIA. Concrètement, ce montage illustre la concrétisation de l'ambition. Le projet sort du papier. Il passe à l'assemblage.

Dans la communauté hardware, on l'appelle la config "Player 3". On est bien loin d'un simple prototype de labo. ARM (Advanced RISC Machines) et RISC-V gagnent du terrain côté stations de travail légères et serveurs d'infrastructure. Pour le PC gaming, le prérequis est strict : compatibilité native et transparente avec le système d'exploitation Microsoft Windows, plus l'immense bibliothèque logicielle compilée pour x86-64. C'est une réalité technique. Historiquement, contourner ce filtre semblait impossible. Un maquis de brevets croisés bloquait tout.

Décortiquer la microarchitecture et les couches logicielles qui tiennent debout cet écosystème alternatif. Le cœur du sujet, c'est l'évolution du processeur central Zhaoxin KaiXian KX-7000. On suit sa progression de près, puis on regarde comment des équipementiers comme ASUS bâtissent un écosystème de cartes mères dédié. Côté graphique, on a la Moore Threads MTT S80. L'architecture est naissante, mais les ambitions sont claires.

Le bilan se fait sur le vif. On repère les goulots d'étranglement matériels, on pointe les déficits des pilotes, et on croise la télémétrie des performances en conditions réelles. Les feuilles de route des prochaines générations entrent aussi en compte. Du coup, la question reste simple : cette architecture alternative tient-elle la route à court terme, et quelle place stratégique occupera-t-elle demain ?

Fondations Historiques et Ingénierie Légale : La Conquête du Jeu d'Instructions x86

Pour qu'un processeur rival tienne le coup dans l'écosystème PC classique, il doit impérativement décoder et exécuter les flux x86 et x86-64. Cette architecture n'est pourtant pas libre de droits. Intel et AMD l'ont verrouillée de part en part via des accords de licences croisées particulièrement denses. Intel possède la base x86, AMD a breveté le passage en 64 bits. La porte paraît littéralement scellée pour qui n'a rien à y gagner juridiquement.

Du coup, comment Zhaoxin parvient-il à commercialiser des puces x86 natives sans franchir une ligne rouge ? La réponse se trouve dans les années 90. Il suffit de replonger dans les fusions d'entreprises et les batailles juridiques de cette décennie pour voir comment les droits ont été lotis. C'est ce patrimoine légal obscur qui leur permet aujourd'hui d'exister.

De Cyrix à Centaur : La Lignée Technologique

Au temps des premiers Pentium, plusieurs concepteurs de silicium ont tenté de démocratiser le marché informatique via des clones. Cyrix a pris le pari de la rétro-ingénierie minutieuse des x86 d'Intel .1 Résultat : des puces comme le 6x86.1 sont arrivées sur le marché, nettement plus accessibles. Intel a immédiatement contre-attaqué. Le constructeur a inondé Cyrix de poursuites pour violation de brevets. Les contentieux ont fini par se résoudre. L'issue est simple : Cyrix conserve sa licence pour utiliser et développer les technologies x86 .2

Cyrix était à l’étroit financièrement. National Semiconductor l’a rachetée, puis l’a directement revendue à VIA Technologies, un conglomérat taïwanais de la conception de circuits intégrés. VIA a aussi intégré Centaur Technology – une firme texane de microprocesseurs réputée pour son architecture très basse consommation WinChip. Les ingénieurs de Centaur ont fourni la base architecturale moderne des processeurs x86 de VIA. Ce faisant, la firme a survécu sur les marchés industriel et embarqué durant les années 2000, en s’appuyant sur ses cartes mères mini-ITX EPIA.

La Création de Zhaoxin et le Transfert de la Licence x86

VIA a utilisé un mécanisme juridique et commercial précis pour pousser la licence x86 en Asie. La firme a monté une joint-venture avec le gouvernement de Shanghai. Résultat : Zhaoxin Semiconductor. Ce cadre légal donne à la nouvelle entité les droits exacts pour exploiter l'architecture x86. Du coup, une filière domestique de conception de microprocesseurs voit le jour. Et elle fonctionne totalement à l'abri des embargos intellectuels occidentaux.

Les premiers Zhaoxin, séries KX-5000 et KX-6000 comprises, s'appuyaient sur des architectures héritées. Au mieux, leurs performances talonnaient celles des processeurs portables Intel Sandy Bridge ou Ivy Bridge. Avec le KaiXian KX-7000, la donne change. L'entreprise signe une rupture technologique majeure en intégrant des méthodologies de conception contemporaines. Concrètement, elle vise la compétition, ne serait-ce qu'à la marge, face aux architectures modernes d'AMD et d'Intel.

Dissection Microarchitecturale : Le Zhaoxin KaiXian KX-7000

Le KaiXian KX-7000 est le processeur de bureau x86-64 le plus abouti jamais conçu en Chine. La commercialisation était initialement calée sur 2021. Le développement du silicium a accusé plusieurs reports. On touche ici à la complexité inhérente aux nœuds avancés. Le déploiement final a eu lieu en décembre 2023.

Avec ce modèle, KaiXian abandonne les paradigmes de la génération précédente. Il passe à des architectures structurellement comparables à celles des leaders occidentaux.

L'Architecture "Century Avenue" et l'Héritage CNS

Le processeur s'appuie sur une microarchitecture de cœurs nouvelle. "Century Avenue". Du nom d'une artère célèbre du Pudong, le quartier d'affaires de Shanghai.6 Les experts en architecture matérielle n'ont aucun doute. Derrière ce nouveau label, il y a une évolution directe. Ou une continuation massivement modifiée du projet "CNS" de Centaur Technologies. Ce programme avait été développé juste avant que l'équipe d'ingénierie américaine ne voie une partie de ses talents absorbée par Intel.1

Century Avenue part sur un front-end totalement retravaillé pour accélérer le décodage des instructions x86 complexes. On y adosse des pipelines out-of-order bien plus profonds et agressifs que sur la vieille Lujiazui. La puce repose sur 8 cœurs physiques capables d'enchaîner 8 threads simultanément. Pas de SMT. En clair, on a écarté le multithreading simultané, cet équivalent du Hyper-Threading d'Intel. Concrètement, ça grignote les performances globales dans les scénarios de calcul hautement parallélisés. Mais le compromis tient la route. On simplifie la topologie du silicium, on réduit les risques de failles liées à l'exécution spéculative, et le rendement thermique de la puce s'en trouve optimisé.

Topologie Modulaire (Chiplet) et Dissociation Lithographique

Le KX-7000 jette le monolithique. Zhaoxin passe à une topologie modulaire autour de chiplets. AMD a déjà popularisé et perfectionné la méthode avec ses Ryzen.11 Concrètement, la puce est physiquement découpée en deux matrices distinctes. Elles reposent toutes les deux sur un substrat organique commun.

Le CPU Die fait 78,6 mm². La densité est forte. Il abrite les 8 cœurs "Century Avenue" et le cache L3 unifié.

La matrice d’entrées/sorties prend largement plus de place, 151,8 mm² au total. Elle gère la connectivité. Les contrôleurs de mémoire vive, les lanes PCI Express et les interfaces de stockage y sont directement intégrés.

Le passage en architecture chiplet n’a plus de choix. Pressions économiques et tensions géopolitiques obligent. On répartit les nœuds de gravure en conséquence. La matrice de calcul passe en 7 nm FinFET. L’I/O reste sur un nœud plus ancien et moins cher, probablement du 16 nm. Cette répartition permet de réduire la surface active à 78,6 mm². En clair, chaque wafer livre un nombre bien plus élevé de puces saines. Pour Zhaoxin, maximiser le rendement n’est pas un luxe. C’est la seule façon de verrouiller son accès aux fonderies avancées face aux aléas du commerce.

Spécifications, Hiérarchie de Cache et Form Factor LGA 1700

Le sous-système cache a été revu pour coller la latence au plus près. Un paramètre crucial pour des FPS stables en jeu 3D. Chaque cœur garde son L2 privé de 512 Ko, soit 4 Mo au total sur la puce. Le saut technique vient du L3 partagé de 32 Mo. Ça fluidifie les échanges inter-cœurs. On retrouve ici une structure qui fait directement écho au CCD unique d'AMD. Côté fréquences, la base est calée à 3,2 GHz. Le boost est certifié jusqu'à 3,6 ou 3,7 GHz, mais la limite réelle dépendra des tolérances thermiques de la carte mère.

Spécification MicroarchitecturaleZhaoxin KX-7000Zhaoxin KX-U6880A (Gén. Précédente)AMD Ryzen 7 7700X (Référence Occidentale)
Architecture CœurCentury AvenueLujiazuiZen 4
Cœurs / Threads8 C / 8 T8 C / 8 T8 C / 16 T
Fréquence Base / Boost3,2 GHz / 3,7 GHz3,0 GHz / N/A4,5 GHz / 5,4 GHz
Hiérarchie Cache (L2 + L3)4 Mo + 32 Mo8 Mo L2 (Pas de L3)8 Mo + 32 Mo
Support Mémoire RAMDDR5-4800 / DDR4-3200DDR4-2666DDR5-5200
Lignes PCI ExpressPCIe Gen 4.0PCIe Gen 3.0PCIe Gen 5.0

Tableau 1 : Le comparatif technique place les specs du puce Zhaoxin face à la génération précédente et au standard actuel de l'industrie.7

Côté infrastructure mécanique, Zhaoxin a clairement tranché. Fini le soudage direct BGA des puces précédentes. Le KX-7000 passe à un contact LGA (Land Grid Array) aux dimensions exactes de 37,5 × 45 mm. Et c'est là que le design prend tout son sens : ces mesures correspondent strictement au socket LGA 1700 d'Intel. Concrètement, la puce se greffe directement sur les cartes mères conçues pour les processeurs Intel de 12ème, 13ème et 14ème génération.

Le brochage électrique reste totalement incompatible avec les cartes mères Intel occidentales. C'est un vrai mur. Par contre, la forme épouse strictement le socket LGA 1700. Résultat : le Zhaoxin tombe droit dans la chaîne mondiale des refroidisseurs. Les monteurs n'ont qu'à sortir un ventirad ou un AIO certifié LGA 1700. Ça supprime la nécessité de fabriquer des systèmes de montage thermique sur mesure pour cette puce de niche. La compatibilité géométrique fait tout le travail.

Télémétrie Comparative et Évaluation des Performances CPU

Pour cerner la vraie capacité du KX-7000 à piloter un ordinateur de jeu, on isole le processeur. On le soumet à des suites de tests synthétiques et applicatifs. Les chiffres tombent droit. PC Watch (magazine japonais) a poussé la puce dans ses retranchements. Tony Yu, cadre technique et directeur général d'ASUS Chine, a également compilé les données. Les métriques sont exhaustives.9

L'Évaluation Synthétique et le Bon Intergénérationnel

L'architecture Century Avenue confirme les annonces de Zhaoxin. Les tests CPU-Z 2.08, exécutés en fréquence d'usine, placent le KX-7000 à 351 points en monocœur et 2 654 en multicœur.15 La précédente Lujiazui (KX-U6780A) plafonnait à 182 et 1 394 respectivement. Le saut de génération est net. En clair, on valide un quasi-doublement du rendement IPC et de la bande passante de traitement.8

La confrontation avec les normes occidentales illustre un décalage temporel conséquent. Pour visualiser la chose, le profil de performance du fleuron chinois s'établit approximativement au niveau d'un processeur Intel Core i5-7500 (microarchitecture Kaby Lake de 2017) ou d'un Intel Core i3-8100.

Modèle de ProcesseurAnnée de SortieCPU-Z MonocœurCPU-Z MulticœurGeekbench 6 CPU
Zhaoxin KX-700020233512 654789
Intel Core i5-750020174241 523~1 400
Intel Core i7-7700K20174922 648~1 800
AMD Ryzen 7 1700X20173854 271N/A
Zhaoxin KX-678020201821 394316

Tableau 2. On y compile les chiffres bruts des performances synthétiques. Concrètement, on y oppose les architectures Zhaoxin aux standards Intel et AMD de 2017.

Sur les flux mono-cœur, le Core i5-7500 garde l'avance. Sept ans après sa sortie, il devance le KX-7000 de 20 % en traitement séquentiel.15 La Zhaoxin ne surpasse le i5 d'entrée de gamme que grâce à ses huit cœurs physiques. Son score multi-cœur dépasse celui du i5 de 43 %, plaçant le KX-7000 en parité avec le Core i7-7700K.15 Ce dernier, vieillissant, ne dispose que de 4 cœurs et 8 threads.

L'Analyse Microarchitecturale de "Chips and Cheese"

Chips and Cheese a poussé l'analyse technique plus loin.16 Zhaoxin veut faire croire que sa puce rivalise avec les cœurs hautes performances "Skylake" ou "Zen". En regardant les données brutes—latences du cache et profondeur des tampons de réorganisation—la réalité est tout autre.17 Century Avenue ne se positionne pas dans cette cour. Sa capacité de traitement cyclique rejoint celle des cœurs d'efficacité occidentaux. On parle ici du Jaguar d'AMD (dans les consoles de huitième génération) ou du Goldmont d'Intel. Le fossé entre le marketing et l'architecture est flagrant.

Par contre, une performance exceptionnelle marque ce bilan : le sous-système de cryptographie. Les tests analytiques l'ont d'abord signalé sur les dérivations Lujiazui. Le trait tient même sur les nouvelles architectures. Résultat direct ? Zhaoxin tape bien plus fort que les concurrents occidentaux sur l'accélération de chiffrement AES.18

La clé ? Des blocs matériels (hardware accelerators) câblés exclusivement pour la cryptographie. En clair, ce silicium a une vocation bien précise : la protection souveraine des données au sein des infrastructures gouvernementales chinoises. Le rendu ludique grand public arrive en second plan.18

Télémétrie Isolée en Moteur Tridimensionnel

Ce manque de punch monocœur a un impact direct sur le gaming. PC Watch a cerné la limite du KX-7000 en le testant avec une AMD Radeon RX 6400. Sur Dragon Quest X, le résultat est sans appel. Le jeu s'appuie sur DirectX 9.0c, une API très ancienne intrinsèquement dépendante d'un seul cœur de calcul (single-thread bound). Du coup, le Zhaoxin KX-7000 a vu ses performances s'effondrer. Il n'atteint que 60% des FPS d'un Core i3-8100.

On voit une nette amélioration dès qu’on bascule sur des environnements mieux parallélisés. Sur le banc de test de l’extension Final Fantasy XIV: Golden Legacy, qui mobilise davantage de threads, le processeur atteint les 90 % des performances du Core i3-8100. Les testeurs jugent même l’expérience "relativement confortable".

La comparaison change de camp face au hardware actuel. Contre un APU moderne entrée de gamme comme le Ryzen 5 5600G, le KX-7000 prend systématiquement plus de 30 % de retard en nombre d’images générées. Côté puce graphique intégrée, le KX-7000 embarque le ZX-C1190. Techniquement, il affiche le support des APIs modernes. Concrètement pour le rendu 3D temps réel, la puissance de traitement de cet iGPU est caduque. Il ne fait simplement pas le poids face aux références du marché.

L'Écosystème Matériel Périphérique : L'Engagement Stratégique d'ASUS

Lancer un nouveau processeur x86 exige au préalable un écosystème de cartes mères compatible. Le souci technique est immédiat : Zhaoxin a modifié le câblage électrique de la prise LGA 1700. Les cartes mères existantes sont du coup incompatibles. C’est là que l’engagement d’ASUS change la donne. Le fabricant taïwanais intervient sur un dossier aux enjeux à la fois géopolitiques et commerciaux. En fabriquant des cartes mères spécifiquement dédiées au KX-7000, ASUS crédibilise la plateforme et l’ouvre directement aux amateurs d’assemblage (DIY). Concrètement, cela déplace Zhaoxin hors du strict marché des intégrateurs de systèmes OEM.

L'Architecture "System-on-a-Chip" (SoC) Appliquée au Bureau

Ce modèle mATX, qu'on retrouve sur les montages indépendants comme le build de GPUSpecs, est un modèle sur mesure. ASUS a carrément retiré les marquages visuels habituels. Fini les ROG ou les TUF. Le rendu reste sobre, presque industriel. Du coup, on a un design qui rappelle les cartes occidentales d'entrée de gamme classiques. On se rapproche clairement d'une H610 ou d'une B660.

Cette carte ASUS ne pose tout simplement pas de chipset supplémentaire sur le circuit. Sur un PC classique, ce chip est obligatoire. Il sert de concentrateur pour multiplexer les lignes PCIe, donc l'USB, le SATA, l'audio et le réseau. Intel le gère avec un Z790, AMD avec un X670. Ici, la plateforme Zhaoxin déplace tout ça dans le processeur. La matrice I/O (151,8 mm²) est directement encapsulée dedans et encaisse la charge à 100 %. Du coup, on passe à une architecture System-on-a-Chip. Le fabricant de la carte mère allège sa nomenclature (BOM) et le système consomme moins. L'inconvénient ? La connectivité globale reste potentiellement moins fournie que sur les plateformes occidentales pour passionnés.

Topologie Électrique, Extensions et Viabilité Commerciale

ASUS a calé un VRM en 6+2 phases sur cette carte. Il n'y a pas de gros dissipateurs thermiques sur le bloc d'alimentation, mais la plateforme est solidement pensée. Elle gère sans broncher les 85W soutenus du KX-7000 sur ses 8 cœurs. La marge de overclocking est aussi étonnante. Tony Yu a déjà monté la fréquence stable à 4,0 GHz avec des tensions standard. Avec un refroidissement à l'azote liquide (LN2), l'infrastructure est théoriquement validée pour aller jusqu'à 5,0 GHz.

Côté interfaces d'extension, on ne joue pas à la carte. La plateforme s'aligne sur des standards récents, mais le positionnement technique reste clairement conservateur. Pas de prise de risque ici. On privilégie les bases éprouvées.

Côté RAM, deux emplacements DIMM gèrent le DDR4 et la nouvelle norme DDR5. Tu peux monter jusqu’à 3200 MT/s en DDR4, ou 4800 MT/s en DDR5. Le module maximum autorisé tient à 128 Go.

Côté connexion, deux slots PCIe x16 en Gen 4.0 sont au rendez-vous. Le second tourne vraisemblablement en x4 électriquement. Un slot PCIe x1 s'ajoute à la liste.

Pour le stockage, une emprise M.2 accueille les SSD NVMe haute vitesse. Deux ports SATA 3 standards viennent en appui pour les volumes massiques.

Ce duo KX-7000 / carte mère ASUS se trouve facilement sur AliExpress ou d'autres places d'exportation. Le total tourne entre 400 et 500 dollars. Décomposition : environ 270 $ pour le processeur, 135 $ pour la carte mère.

À ce tarif, on ne cherche pas à rivaliser sur le rapport performance/prix face à un Core i3 12e génération. C'est hors de propos.

La cible est bien plus précise. On s'adresse ici aux intégrateurs gouvernementaux, aux passionnés d'informatique exotique et aux vecteurs de démonstration de souveraineté technologique.

Le Défi de l'Architecture Graphique : La Promesse Moore Threads MTT S80

Développer un CPU décodant le x86 repose sur de la diplomatie des brevets et une lithographie de précision. Concevoir un GPU capable de générer en temps réel les géométries asynchrones et l'éclairage des moteurs de jeux vidéo AAA, c'est une autre paire de manches. Le problème devient un défi mathématique, logique et logiciel. La difficulté grimpe d'un cran. Moore Threads a tranché avec sa carte MTT S80. Le constructeur chinois vise un seul but : briser le duopole NVIDIA-AMD.

Origines du Silicium Chunxiao et Paradigme PowerVR

La MTT S80 est pilotée par une architecture hardware officiellement baptisée MUSA (Moore Threads Unified System Architecture). Elle repose sur un die silicium au nom de code Chunxiao. Les analyses d'ingénierie convergent vers un même constat : la fondation conceptuelle de MUSA vient directement de l'IP de PowerVR. À la base, ce design a été conçu par Imagination Technologies, une firme britannique.

Comprendre le comportement erratique de cette carte passe obligatoirement par l’héritage PowerVR. Les cartes graphiques desktop classiques, GeForce et Radeon en tête, s’appuient sur le Immediate Mode Rendering (IMR). En clair, la géométrie est traitée scène par scène, instantanément. L’objectif ? Maximiser la bande passante brute. PowerVR, lui, a été calibré pour un autre monde : l'embarqué et les puces mobiles ultra-faible consommation. Apple en a fait usage sur ses SoC avant d'intégrer son propre GPU. Son mécanisme, le Tile-Based Deferred Rendering (TBDR), découpe l’image en micro-tuiles. Le calcul des textures est repoussé au dernier moment, dès qu’on identifie les seuls pixels visibles par l’utilisateur. Résultat direct : on évite de gaspiller la mémoire et l’énergie sur des pixels inutiles.

Transposer la topologie TBDR hors des smartphones, où son ADN répond avant tout à des contraintes de parcimonie énergétique, et l'installer dans le châssis d'une carte graphique de bureau discrète, c'est déjà un saut architectural. Le GPU doit ensuite exécuter des bibliothèques logicielles explicitement calées sur la philosophie IMR de NVIDIA. Ces deux environnements techniques ne collent pas. Du coup, cette hybridation génère un défi d'ingénierie hybride exceptionnellement périlleux.

Densité Matérielle : Le Paradoxe des Spécifications Brutes

Sur le papier, les caractéristiques physiques de la Moore Threads MTT S80 font mal. Laissons le logiciel de côté : les chiffres rivalisent mathématiquement avec le milieu de gamme occidental actuel. Visuellement, la carte impose le respect. Elle repose sur un refroidissement à triple ventilateur. L'encombrement tombe à 285 mm × 112 mm × 49 mm, avec une TGP de 255 W.

Le silicium Chunxiao repose sur un gravage 7 nm. Toutes les ressources de calcul y sont intégrées :

Le bloc de calcul repose sur 4 096 cœurs de shader (rebaptisés cœurs MUSA) qui tournent à 1,8 GHz. Derrière ce cluster, le pipeline de texturation et de rendu est alimenté par 256 TMU couplés à 256 ROP. Le GPU héberge aussi 128 cœurs Tensor, là où les calculs de matrices IA sont délégués.

Pour la puissance brute, la puce génère 14,4 TFLOPS en précision simple (FP32). Cette métrique place théoriquement la puissance de feu de la MTT S80 sur la même ligne médiane que la NVIDIA GeForce RTX 3060 Ti.

Coté mémoire vidéo, on tombe sur 16 Go de GDDR6 cadencés à 14 Gbps. Un bus d'interface de 256 bits permet d'atteindre 448 Go/s de bande passante. En pratique, ça garantit que le GPU ne souffrira d'aucune pénurie de données pour les textures en ultra haute définition.

Côté interface, la MTT S80 change de dimension. Elle devient le premier GPU grand public à passer officiellement sur le PCIe Gen 5.0 (x16). Concrètement, ça monte le débit à 128 Go/s entre le processeur et la carte. Cette anticipation matérielle donne un avantage clair sur les modèles phares d'AMD et de NVIDIA. Moore Threads a clairement accéléré le rythme de ses cycles de conception.

Spécification Matérielle GPUMoore Threads MTT S80NVIDIA GeForce GTX 1650 (Repère Performance Actuelle)NVIDIA GeForce RTX 3060 Ti (Cible Théorique FP32)
Architecture BaseMUSA (Dérivé PowerVR TBDR)Turing (IMR)Ampere (IMR)
Unités de Calcul4 096 (Cœurs MUSA)896 (Cœurs CUDA)4 864 (Cœurs CUDA)
Fréquence Horloge1,8 GHz1,66 GHz1,66 GHz
Puissance Calcul FP3214,4 TFLOPS~3,0 TFLOPS16,2 TFLOPS
Mémoire VRAM16 Go GDDR6 (256-bit)4 Go GDDR5 (128-bit)8 Go GDDR6 (256-bit)
Bande Passante Mém.448 Go/s128 Go/s448 Go/s
Enveloppe Thermique255 Watts75 Watts200 Watts
Interface BusPCIe 5.0 x16PCIe 3.0 x16PCIe 4.0 x16

Tableau 3. Les specs brutes de la MTT S80 y sont confrontées aux cibles occidentales. On y oppose les objectifs théoriques aux pratiques du marché.1

Les specs du Tableau 3 ne traduisent pas l'expérience utilisateur. L'écart entre les données brutes et l'usage réel est flagrant. Le silicium, aussi massif et sur-spécifié soit-il, demeure inerte sans la médiation logicielle. Il exige un écosystème de pilotes fiable et un compilateur robuste. En informatique moderne, c'est cette infrastructure qui permet au matériel de fonctionner.

Le Goulot d'Étranglement Logiciel : Labyrinthe des APIs, Pilotes et Overhead

14,4 TFLOPS sur le papier pour la MTT S80, mais la réalité physique est tout autre. Le goulot d'étranglement se situe au niveau de la conversion des instructions. Les tests indépendants, notamment ceux de PC Watch, ont vite confirmé que les résultats initiaux étaient catastrophiques. Sur des anciens moteurs DirectX 9, la carte Moore Threads descendait en dessous des performances d'une NVIDIA GeForce GT 1030 d'entrée de gamme. Avec les titres DirectX 11, la situation empire. La puce chinoise luttait à peine pour suivre le rythme de rendu d'une NVIDIA GeForce GTX 1050 Ti (2016). La consommation électrique suit exactement cette logique. En pleine charge ludique, la S80 grignote 142 Watts contre 60 Watts pour la GTX 1050 Ti. Du coup, la puissance brute reste théorique tant que l'efficacité énergétique est aussi asymétrique.

La Rupture de l'Interface de Programmation (API)

Cette chute de perfs part directement du calage des APIs. DirectX, Vulkan, OpenGL, la traduction impose toujours une friction. Sur PC, la quasi-totalité du catalogue repose sur les librairies DirectX de Microsoft. Ces outils ont été conçus historiquement pour optimiser le rendu Immediate Mode (IMR) des puces occidentales.

La compatibilité logicielle de la MTT S80 sous Windows affiche des fractures sérieuses. Déjà, elle ne répond techniquement pas aux exigences de base pour la certification WDDM de Windows 11. L'architecture MUSA gère correctement les API héritées : DirectX 9 et 10 tournent globalement de manière stable. Mais dès DirectX 11, ça commence à grincer. Le standard, pourtant omniprésent, montre des instabilités documentées. On enchaîne sur des crashes, des corruptions d'affichage, et des gels système. Le vrai blocage arrive avec DirectX 12. C'est le standard de facto pour les productions vidéoludiques actuelles, et le support est soit hautement expérimental, soit totalement inexistant. Concrètement, ça empêche tout simplement l'exécution de nombreux logiciels contemporains.

Sur Linux, le paysage logiciel est squelettique, malgré les discours sur l'informatique souveraine autour d'OS nationaux comme UOS. Le pilote noyau (KMD) impose la donne. Livré exclusivement en binaire fermé (.ko), il est rattaché à une itération précise d'Ubuntu. Du coup, la communauté est exclue de toute révision. Ce pilote reste bloqué sur un serveur X11 figé et tourne avec un fork fermé de Mesa 21.2.1. Au niveau des API, le support Linux se limite strictement à OpenGL 3.3, Vulkan 1.2 et OpenCL 3.0. WSL (Windows Subsystem for Linux) n'y est tout simplement pas supporté.

Le Phénomène de l'"Overhead" et de la Latence de Traduction

Le silicium repose sur une architecture TBDR. L'API, c'est DX11, conçue pour le rendu IMR. Ces deux mondes ne s'alignent pas, et le résultat logiciel est brutal : un CPU Overhead (surcoût de traitement du processeur central) qui pèse lourd. Concrètement, dès qu'un jeu transmet des ordres de géométrie complexes, le pilote graphique Moore Threads doit passer en mode adaptation. Il intercepte les commandes asynchrones, les met en mémoire tampon (buffer), et les convertit algorithmiquement en tuiles de rendu. Les cœurs MUSA ne peuvent travailler qu'avec ce format précis. Du coup, le processeur central encaisse un surcoût de traitement non négligeable.

La compilation asynchrone ne se fait pas sur le GPU. Elle repose entièrement sur le CPU de la machine, et exige une puissance de calcul brute. Même sur un Core i9 ultra-récent, le mécanisme pèse déjà lourd. Mais dès qu'on bascule sur un Zhaoxin KX-7000, le goulot d'étranglement devient mortel. Les cœurs "Century Avenue" ont un IPC monocœur trop faible. Ils passent l'intégralité de leurs cycles à traduire péniblement les instructions DirectX. Chaque horloge est avalée par ce travail. Du coup, un blocage systémique se crée. Pendant ce temps, les 4 096 cœurs du MTT S80 ne reçoivent rien. La carte graphique massive tourne à vide par manque de données (data starvation).

Optimisations, PES Control Center et Ambitions d'IA

Moore Threads compense ces déficits de compilation avec des mises à jour pilotes agressives. Les ingénieurs enchaînent les patches pour colmater les brèches.

Du coup, tout le pilotage passe par le PES Control Center. Cette interface propriétaire centralise la télémétrie matérielle, ajuste les fréquences et gère le déploiement des révisions pilotes.23

Les sauts de performance des versions précédentes le confirment : le goulot d’étranglement initial était purement logiciel. Le déploiement de la branche pilote v290.100 a poussé les compteurs encore plus loin. Sur les builds optimisés pour DirectX 12, les ingénieurs rapportent des gains directs. On dépasse les +40 % sur Infinity Nikki, franchit la barre des +50 % sur l’architecture complexe de Death Stranding (Hideo Kojima), et grimpe de plus de 120 % sur A Plague Tale: Requiem. Les itérations actuelles colmatent aussi les anomalies dans des outils pro comme Rhino 3D et Blender. On y trouve enfin le support officiel pour des live-service à fort rendement sur le marché intérieur chinois. Genshin Impact, Honkai: Star Rail, Dota 2 et Call of Duty sont désormais certifiés.

Parallèlement, Moore Threads pousse une stratégie agressive pour contourner le monopole CUDA de NVIDIA. Le MUSA SDK permet désormais le transfert direct du code source CUDA vers le langage MUSA. Fini l'obligation de réécrire intégralement les bibliothèques IA. La MTT S80 en est la preuve. Elle exécute sans broncher des modèles de langage distillés à haut rendement, y compris le DeepSeek R1-Distill-Qwen-7B. Derrière ce mouvement, une volonté politique s'affiche : étendre la viabilité de la carte bien au-delà du seul cadre vidéoludique.

Synthèse Télémétrique : Performance et Viabilité du Système "Player 3"

Faut passer de la théorie à la pratique quand le CPU x86 Zhaoxin KX-7000 et le GPU Moore Threads MTT S80 partagent le même boîtier. L'objectif est clair : monter un PC gaming qui coupe avec le trio actuel.

La chaîne YouTube GPUSpecs a documenté le test en détail. Et le bilan tombe direct. Cette architecture chinoise démontre des capacités opérationnelles solides. Certains montages s'exécutent sans accroc. Mais les limites d'intégration tombent aussi vite. Concrètement, la fusion matérielle se heurte à la réalité du système. Des réussites sont là, mais elles s'accompagnent de limitations assez drastiques.

Assemblage de l'Infrastructure et Démarrage Opérationnel

On part sur des composants standards, majoritairement neutres ou des marques occidentales bien connues. Le nerf de la guerre, c’est le trio CPU/carte mère/GPU qui consomme environ 800 $ US à lui seul. Le montage s’appuie ensuite sur des infrastructures communes, sans prise de tête : des SSD M.2 NVMe (Samsung Evo ou Kingston), des barrettes RAM haute fréquence DDR4/DDR5 (Corsair Vengeance ou Kingston Fury), une alimentation ATX certifiée Corsair, et enfin du refroidissement par dissipateurs (comme les solutions be quiet! qui tournent parfaitement sur le gabarit LGA 1700 de Zhaoxin).

Leur atout majeur, c'est la stabilité. Et elle tient la route. Le montage ne contient aucun silicium ou savoir-faire issu d'Intel, AMD ou NVIDIA. Pourtant, la plateforme enchaîne les opérations de base sans broncher. Boot classique. Windows 11 s'installe via une clé USB amorçable, exactement comme sur n'importe quelle machine standard. Les environnements de bureau chargent. Les exécutables de jeux 3D se lancent. Tout ça, quotidiennement, sans qu'il faille bricoler.

Goulots d'Étranglement Bidirectionnels et Expérience Utilisateur

Dès que les logiciels appliquent une pression calculatoire asynchrone sur la pile matérielle, les dysfonctionnements croisés de la plateforme deviennent flagrants.2 Le système tourne en rond à cause du goulot d'étranglement bidirectionnel. Le CPU Zhaoxin cale sur son architecture monocœur9 : il ne sort pas les draw calls assez vite. Du coup, la charge explose sur le GPU Moore Threads. Ses pilotes doivent traduire chaque fonction de l'API DirectX en algorithmes compatibles avec le silicium MUSA en architecture TBDR. Cette conversion réclame un taux de calcul CPU disproportionné. Le système est pris en étau.21

Les données télémétriques sont formelles. FPS et frame times sur les jeux actuels accusent de gros défauts. La régularité n'est plus au rendez-vous. Du coup, pour un joueur qui exige un minimum de stabilité, le résultat est carrément rédhibitoire.

  • Forza Horizon 5 : Ce simulateur de conduite est mondialement connu pour son degré d'optimisation poussé, capable de tourner sur des ordinateurs portables bureautiques anciens. Pourtant, avec le preset "Bas" en 1080p, on plafonne à 24,2 FPS en moyenne. Les centiles 1% lows chutent brutalement. Le moteur de rendu bégaye régulièrement.
  • Cyberpunk 2077 : Ce moteur graphique est notoirement gourmand. Il a fallu plusieurs tentatives infructueuses pour atteindre le menu principal. En jeu, en 1080p et aux paramètres minimums, le matériel trime pour délivrer 22,3 FPS. Inexploitable.
  • Black Myth: Wukong : Développé sur Unreal Engine 5, c'est le fer de lance de l'industrie vidéoludique chinoise. Ce titre aurait dû bénéficier d'une optimisation prioritaire pour le lancement de la MTT S80. À la place, en 1080p avec les paramètres graphiques au strict minimum, le PC s'enlise à 13,6 FPS. Les critiques remarquent que cette télémétrie ressemble aux rendements d'une iGPU logée dans la puce centrale. C'est particulièrement déroutant face à une carte dédiée massive nécessitant 255 W et 16 Go de VRAM ultra rapide. Incompatibilités structurelles systémiques : le souci vient d'une carence logicielle dans le traitement de l'API DirectX. Du coup, le démarrage des environnements complexes est purement bloqué. En clair, impossible de lancer Red Dead Redemption 2 ou Spider-Man Remastered. Le jeu plante net dès l'ouverture avec des erreurs fatales.

Même si ce hack technologique possède une immense valeur démonstrative, la plateforme de substitution reste bridée. Les retards de pilotes et la puissance brute par thread trop juste bloquent l'avantage. Du coup, face à la trilogie hégémonique du marché, elle n'offre aucune compétitivité immédiate. Pour l'amateur de divertissement interactif, le bilan est clair : pas de concurrence possible en l'état.

Projections Microarchitecturales : L'Avenir Stratégique des Écosystèmes Chinois

Juger l'industrie tech chinoise à travers une première itération, c'est une grave méprise géopolitique. L'histoire de la conception du silicium le confirme : la dette technique logicielle se résorbe à un rythme exponentiel dès qu'on y injecte des capitaux massifs. Les annonces récentes le montrent. Les feuilles de route actuelles traduisent une accélération brutale des cycles de conception. Que ce soit sur les processeurs x86 ou les architectures GPU, le développement s'accélère franchement.

La Révolution Promesse : L'Architecture GPU "Huagang"

Chez Moore Threads, la relève passe par une refonte totale. Pendant le MUSA Developer Conference 2025, la direction a officiellement validé la génération qui prendra le relais des Chunxiao (S80/S90). La microarchitecture sous-jacente a été massivement révisée. Nouveau nom pour ce silicium : Huagang. Flower Harbor, pour les anglophones.

L'architecture modulaire va trancher net. La production se divisera en deux classes de silicium bien identifiées. D'un côté, la puce "Lushan". Spécifiquement calibrée pour le rendu tridimensionnel des jeux vidéo. De l'autre, le silicium "Huashan". Dédié exclusivement au calcul tensoriel, à l'entraînement et à l'inférence des modèles d'intelligence artificielle. Les ingénieurs ont validé un changement de taille : une restructuration totale du pipeline de données au sein de la carte. C'est ce virage technique qui structure le tout.

Moore Threads a fixé son cap gaming sur l'architecture "Lushan" :

Moore Threads change la donne sur le gaming avec Lushan. La perf dans les AAA file 15x. Soit 1500 % de progression. Les goulots d’étranglement actuels de la traduction API disparaissent théoriquement.

Le ray tracing passe à l’étage supérieur. Un moteur hardware de seconde génération gère désormais la partie. Résultat : 50 fois plus de puissance sur les calculs géométriques complexes.

Côté infra, les chiffres tournent autour de trois axes. La vitesse de traitement de la géométrie explose x16. Le taux de remplissage des textures progresse x4. L’accès à la mémoire atomique suit avec un x8.

Sur le logiciel, la firme règle son principal compte en retard. DirectX 12 Ultimate est intégré directement dans le silicium. Le standard Microsoft est pris en charge en natif, sans compromis.

Le GPU embarque aussi un bloc dédié, l’AGR (AI Generative Rendering Block), couplé au système de rendu unifié UniTE. Ça permet au processeur de travailler en apprentissage automatique pour reconstruire l’image en ultra haute définition. En clair, on copie les mécaniques de suréchantillonnage profond de NVIDIA, celles qui alimentent le DLSS.

Les embargos sur les puces NVIDIA Blackwell et Hopper obligent la variante entreprise "Huashan" à monter en gamme. L'architecture mise sur des capacités inter-puces massives. Le spectre de précision couvre tout le champ : du FP4, extrêmement léger, jusqu'au FP64, bien plus lourd, géré de bout en bout.38 Pour gagner en efficacité cycle par cycle, Moore Threads a même créé ses propres formats mixtes, le MTFP4 et le MTFP6.38

La colonne vertébrale du système, c'est MTLink. Ce bus haut débit permet de fédérer de manière asynchrone des grappes (clusters) dépassant les 100 000 GPUs en simultané.38 On vise une évolutivité qui tient la route face aux méga-centres de données occidentaux.41 Pour loger les vastes réseaux neuronaux de type LLM, chaque puce embarque jusqu'à 64 Go de VRAM.37

Revendications de l'Architecture "Huagang" vs "MUSA Actuelle"Facteur d'Amélioration Annoncé (Génération "Lushan/Huashan")
Performance de Rendu Jeux Vidéo AAAMultipliée par 15 (15x)
Accélération Matérielle Ray TracingMultipliée par 50 (50x)
Opérations Calcul Intelligence ArtificielleMultipliées par 64 (64x)
Traitement Géométrique BrutMultiplié par 16 (16x)
Extension Capacité de Mémoire (VRAM)Multipliée par 4 (Objectif de 64 Go)
Support Protocole API MicrosoftIntroduction native de DirectX 12 Ultimate

Le tableau 4 évalue les revendications (claims) de Moore Threads pour la prochaine génération d'architecture. Le comparatif se fait directement contre la puce actuelle, la MTT S80. Les données y sont détaillées pour y voir clair.

L'Expansion Vectorielle Serveur : L'Offensive Zhaoxin KH-50000

Côté conception CPU, la vision de Zhaoxin dépasse largement les boîtiers grand public. L'objectif est clair : viser directement le cœur névralgique du secteur, à savoir les datacenters et le cloud computing. S'appuyant sur l'architecture "Century Avenue" (déjà validée par le KX-7000), Zhaoxin prépare activement le déploiement de sa gamme de processeurs pour serveurs. La référence retenue est le KH-50000.

On pousse le chiplet design au maximum ici. La cible est nette : talonner de face les références occidentales, notamment la gamme EPYC d'AMD. Les spécifications de Zhaoxin sont claires. Des puces ultra-denses qui entrelacent un nombre massif de modules de calcul. Les configs les plus denses culminent à 96 cœurs physiques par socket.

Les cartes mères d'entreprise suivent le mouvement. Elles supportent nativement les montages bi-socket et quad-socket. L'interopérabilité avec des OS virtualisés complexes est au centre du design. Du coup, on peut configurer des nœuds de serveur qui tiennent 384 cœurs physiques sur une seule et unique carte mère.

La TDP exacte de ces puces reste confidentielle. Le maintien d’un noeud de gravure performant en 7 nanomètres est pourtant très probable. En clair, l’ingénierie Zhaoxin devrait conserver un profil de densité énergétique parfaitement exploitable dans des baies serveur standardisées.

Côté cryptographie, le choix est acté. Les KH-50000 embarquent systématiquement des modules d’accélération matérielle conformes aux standards SM nationaux. L’ambition est directe : garantir la protection absolue, chiffrée et souveraine des données hébergées sur le cloud national.

Conclusions Finales de la Viabilité Opérationnelle

Un PC x86 moderne est assemblé, configuré et validé. Tout est opérationnel. Sans un gramme de logistique, un seul document ou une seule pièce venant d'Intel, AMD ou NVIDIA. Concrètement, ça marque un tournant indéniable pour la souveraineté des puces silicium. Le contrôle change de camp.

Purement orienté divertissement et jeux AAA, le duo Zhaoxin KX-7000 / Moore Threads MTT S80 montre ses limites. En l'état, la composition matérielle manque cruellement de maturité. Le système s'effondre dès qu'il faut gérer la charge. Deux blocages majeurs expliquent le dysfonctionnement. Le pilote de l'architecture TBDR est incompatible avec l'API Microsoft. Le processeur central n'a pas la dextérité monocœur nécessaire pour compenser. La traduction de force brute ne suffit pas à solder la dette technique. Résultat : l'ensemble reste instable sous pression.

Arrêter de juger cet effort d'ingénierie national sur les FPS en VR. C'est une vision stratégique trop étroite. Le vrai mouvement, c'est ailleurs. Zhaoxin a viré massivement sur le chiplet. Résultat : ils tombent pile sur le socket LGA 1700 d'Intel. L'adaptabilité est rapide. Moore Threads accélère encore. En quelques années, ils ont casé 4 096 unités de calcul autour d'un bus PCI Express Gen 5.0. Pour une jeune pousse, le rythme est brutal. Concrètement, la simple preuve de concept (PoC) est derrière nous. ASUS sort des cartes mères optimisées en SoC pour gérer ces puces. On a dépassé la théorie. On bascule vers un vrai marché grand public alternatif.

Les limitations actuelles de la MTT S80, c'est du purement logiciel. Les pilotes PES s'activent déjà. Du coup, ce blocage est temporaire. Les modules de traduction MUSA/CUDA se généralisent et déverrouillent l'IA générative locale, DeepSeek en tête.

La prochaine génération architecturale pointe le bout de son nez. Avec "Huagang", Moore Threads colmate les failles du Ray Tracing et de la compilation DirectX 12. Zhaoxin accélère aussi : ses serveurs à 384 cœurs s'imposent sur le terrain. L'écosystème indépendant de l'Ouest n'est plus une simple incantation. Il tient debout.

La lignée des licences x86 Centaur/VIA garantit la souveraineté intellectuelle. Combinée à cette montée en puissance, elle scelle le jeu. Une chaîne informatique complète, robuste et insensible aux embargos ou aux tensions diplomatiques est en route. C'est une question de calendrier.

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